Proposée par la Maison pour la science en Aquitaine, la formation « Énergies d’aujourd’hui et de demain » s’adresse aux enseignants du second degré du rectorat de Bordeaux. Elle vise à leur apporter des clés de compréhension scientifiques, techniques et sociétales sur les enjeux énergétiques contemporains : mix énergétique, transition, innovations technologiques, mais aussi ordres de grandeur, usages et impacts. En s’appuyant sur des apports de chercheurs, d’experts et d’acteurs du monde industriel, cette formation contribue à nourrir un enseignement rigoureux, actualisé et ancré dans le réel, au service de la diffusion de la culture scientifique auprès des jeunes générations.
C’est dans cette dynamique et grâce à l’engagement de Hugues Greder, ingénieur R&D, avec la collaboration d’autres intervenants de l’Établissement TotalEnergies de Pau, qu’elle se déroule au CSTJF.
« Nous y partageons une vision concrète et nuancée des défis auxquels le secteur est confronté : répondre à des besoins énergétiques croissants tout en accélérant la réduction des émissions, développer les énergies renouvelables et les solutions bas carbone, tout en poursuivant les efforts d’innovation et de performance dans les activités historiques », explique Hugues. « Notre participation s’inscrit aussi dans une volonté de dialogue et de transmission : apporter aux enseignants des éléments factuels, issus de l’expérience de terrain, pour éclairer leurs pratiques pédagogiques et favoriser un débat informé sur les choix énergétiques d’aujourd’hui et de demain. »
Cecilia Sambusiti, docteure et ingénieure en génie des procédés, spécialiste du biogaz, est l’une des volontaires TotalEnergies engagées pour apporter des clés de compréhension. Les choix énergétiques reposent souvent sur des compromis techniques, économiques et sociétaux.
« Le système énergétique est en profonde transformation, mais il s’agit avant tout d’une transition progressive et multifactorielle. Les énergies d’aujourd’hui et de demain ne s’opposent pas : elles coexistent et se complètent pour répondre à des besoins énergétiques croissants tout en réduisant l’empreinte environnementale. L’innovation technologique, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la diversité des solutions sont des leviers essentiels pour réussir cette transition. »
Selon Cecilia, qui souhaite partager une vision concrète et factuelle en s’appuyant sur des exemples concrets issus de son expérience professionnelle, cette formation laisse une large place aux échanges avec les enseignants et suscitent des débats collectifs particulièrement riches, où les intervenants apprennent autant que les participants.
Quels sont les principaux objectifs pédagogiques de cette formation et ce que vous souhaitez que les enseignants en retirent concrètement pour leurs classes ?
Marie Fauquembergue : L’éducation au développement durable et au changement climatique en particulier a été fortement renforcée depuis 2019 dans les programmes scolaires. C’est une thématique transversale qui concerne aussi bien des enseignants de sciences que des enseignants d’histoire-géographie ou de langues, ou encore des professeurs documentalistes. Nous commençons cette formation en reposant le concept d’énergie, dont il faut maîtriser les différentes formes et conversions, ainsi qu’avoir quelques ordres de grandeur en tête pour bien saisir les enjeux de la transition énergétique. Nous nous intéressons ensuite à différents aspects : un mix tout renouvelable est-il possible ? Comment diminuer l’intensité carbone de certaines de nos sources d’énergie ? Par exemple, comme il est important de passer du charbon au gaz naturel puis au biogaz. Comment atteindre la neutralité carbone ? Est-ce que le CCUS (capture et stockage de CO₂) peut permettre d’y parvenir ? Nous accompagnons tous ces débats et éclairages scientifiques par des ateliers très concrets que les enseignants peuvent réexploiter avec leurs élèves. Par exemple, nous avons une activité basée sur l’exploitation du site Electricity Maps, qui compare différents choix de mix électriques effectués par différents pays.
Qu’apporte la présence d’intervenants de TotalEnergies à la compréhension des enjeux énergétiques actuels et futurs ?
M.F. : Comme TotalEnergies développe des compétences pour aller vers une plus grande diversification de ses sources d’énergie, nous pouvons bénéficier d’éclairages scientifiques poussés sur différents sujets comme la méthanisation ou encore la technique CCUS. Même si elle ne doit pas se substituer aux efforts de décarbonation et de sobriété, elle apparaît désormais dans tous les scénarios pour parvenir à la neutralité carbone et il est donc important d’en comprendre les techniques et les contraintes.
Comment les enseignants accueillent-ils ce type de formation et quelles questions reviennent le plus souvent sur les sujets énergétiques ?
M.F. : Les enseignants sont ravis de pouvoir venir sur le centre Jean-Feger de TotalEnergies, où ils se sentent très bien accueillis, comme en témoignent les retours qu’ils nous font au travers de notre questionnaire de satisfaction. Ils apprécient la richesse des apports et des échanges. Le caractère honnête des intervenants est souvent mis en avant. Voici un exemple de témoignage : « La présence de chercheurs qui connaissent à fond leur domaine et savent le faire partager avec passion et simplicité est un vrai atout. » Parmi les questions le plus souvent posées, il y a celle de la dangerosité potentielle du stockage de CO₂ en sous-sol. Les enseignants sont souvent surpris aussi par les pertes importantes d’énergie qu’il peut y avoir le long d’une chaîne, ainsi que par les pertes de méthane. Ils découvrent également de nombreux enjeux géopolitiques qui les interrogent.
En 2023, TotalEnergies a démarré sa plus importante unité de production de biogaz, BioBéarn à Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques.
VIP du monde entier, partenaires divers, étudiants… des centaines de visiteurs découvrent chaque année le centre palois de TotalEnergies.
La R&D de TotalEnergies travaille depuis plus de vingt ans sur le développement du CCS (Capture et Stockage de Carbone) pour réduire ses émissions de CO₂ et celles de ses clients en particulier à Lacq.